Ici, dans notre coin de Haute-Provence, la nature n’est pas qu’un décor. Elle fait partie de la maison, un peu comme un voisin qu’on croise tous les jours. En levant la tête vers le Cousson ou en longeant la Bléone, difficile de ne pas ressentir ce lien. Mais cette beauté simple, vivante, demande de l’attention. Et derrière le calme des paysages, il y a des gens, des gestes, de l’engagement – souvent, ce sont les associations environnementales locales qui mènent la danse.
En France, on en compte plus de 37 000 dédiées à l’écologie ou à la qualité de vie locale (source : France Bénévolat). Dans notre bassin dignois, elles font partie du quotidien. Mais à quoi servent-elles vraiment ici, et comment leur action pèse dans la vie concrète de chacun ?
Promenons-nous, par exemple, du côté de l’Asse, de la Réserve géologique aux vallons du Bès : chaque vallée a ses visages engagés. Voici quelques associations qui méritent un coup de projecteur local :
Et ce ne sont que quelques-uns. Au fil de nos rencontres, on voit que ces petites structures, souvent portées par quelques “acharnés”, tissent un réseau bien vivant, indispensable à la sauvegarde de notre coin.
Le “bétonnage” et la sécheresse ne sont pas des mots vides ici : chaque été, le manque d’eau se fait sentir jusqu’à l’arrosage restreint des jardins. Les associations répondent surtout par l’observation et l’inventaire. En 2023, la LPO a recensé plus de 65 espèces d’oiseaux sur la seule basse vallée de la Bléone (source : LPO).
Mais au-delà des chiffres, leur force est de relier. Par exemple :
Marion, du collectif, raconte : “Un été, on a guidé une sortie pour repérer les orchidées sauvages au dessus du Brusquet. La moitié du groupe n’imaginait pas que leur commune en abritait plus de dix espèces !” Ces découvertes ravivent la fierté locale, et incitent à protéger ce qu’on apprend à connaître de près.
L’éducation à l’environnement est une des grandes missions. Pourquoi ? Parce qu’on protège mieux ce qu’on comprend et ce qu’on aime. Dès la maternelle, le CPIE des Alpes de Haute-Provence propose des “classes dehors” : une semaine à observer des insectes, à écouter les oiseaux, à comprendre les cycles de l’eau…
La pédagogie ne s’arrête pas aux enfants : ateliers “zéro déchet”, balades plantes comestibles, conférences sur le retour du loup... Les calendriers d’associations affichent souvent complet, preuve que la curiosité et l’envie d’agir traversent les générations.
Dans notre région où les enjeux sont parfois invisibles – pollution des nappes, disparition progressive de certains insectes – les associations jouent aussi un rôle de veille. Elles sont souvent les premières à tirer la sonnette d’alarme, alertant la mairie, la presse locale ou les agents du Parc du Verdon.
On n’évoque plus seulement le passé : les associations participent à l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi), garantissant que les questions de trame verte et bleue remontent jusqu’aux décideurs.
L’un des grands rôles, plus discret, c’est celui de la rencontre. Les marchés aux plantes, les journées nettoyages, les animations “faune sauvage”… On se retrouve, on s’organise, on discute de la météo autour d’un café après avoir ramassé les déchets.
Ce vivre-ensemble fait écho à notre identité : ici, on préfère s’entraider que se lamenter devant l’ampleur de la tâche.
Grâce à ces associations, la biodiversité locale est mieux connue, certains espaces sont directement sauvés de l’abandon ou du béton. Mais tout n’est pas rose :
Pourtant, la vitalité est là. Les projets locaux de micro-forêts urbaines (une à Digne, prévue pour 2025), l’essor du compostage collectif et l’arrivée de jeunes porteurs d’initiatives (ex : le collectif “Jeunes pousses du pays dignois”) redonnent de l’élan.
Si vous habitez ici ou si vous vous installez, pousser la porte d’une association, c’est se donner l’occasion de comprendre son territoire, tout en le rendant plus accueillant. On n’est pas obligé d’être expert : une heure de bénévolat, une balade commentée, ou un atelier, tout compte.
En participant, on découvre un Pays Dignois qui se réinvente, un “labo d’idées” à ciel ouvert – où la nature n’est pas figée, mais vivante grâce aux efforts, modestes ou collectifs, des habitants d’aujourd’hui.
Et si ça donnait aussi envie de transmettre cet amour du pays, pour que demain, la lumière qui fait vibrer nos collines continue de briller ?