L’économie dignoise : entre tradition, adaptation et nouveaux défis
Ici, le tissu économique est à l’image du paysage : divers, ancré dans une tradition rurale, mais qui cherche sans cesse à s’adapter. La plus grande part revient à trois piliers :
- L’agriculture – Lavande bien sûr, mais aussi fruits (pommes, cerises), élevage ovin, maraîchage bio.
- Les services publics et la santé, porté par la préfecture et le centre hospitalier de Digne (plus de 900 emplois directs).
- Le tourisme – Des thermes réputés aux sentiers de randonnée du parc naturel géologique.
Chiffre frappant : un quart des emplois du territoire est directement lié à l’administration, la santé et l’action sociale, bien au-dessus de la moyenne nationale (source : INSEE, Emploi local 2021).
Une agriculture qui cherche son futur
La lavande fait la une des cartes postales, mais il y a aussi plus de 500 exploitations agricoles, très majoritairement familiales, qui jonglent entre tradition (miel, chèvre, truffe, spiruline…) et recherche d’innovation (agriculture bio, circuits courts, agrotourisme). En 2023, presque une ferme sur quatre a investi dans la vente directe ou les Amap (source : Chambre d’agriculture 04).
Néanmoins, le secteur agricole doit composer avec l’aridité croissante, la hausse du prix de l’eau et la difficulté à trouver de la main-d’œuvre, surtout lors de la cueillette. D’où l’importance, comme nous le confie Jean-Marc, de “de mieux valoriser les métiers de la terre auprès des jeunes”.
Tourisme : un secteur à deux visages
Le Pays dignois accueille chaque été près de 250 000 visiteurs, Français pour la plupart, mais aussi Suisses, Belges ou Allemands. Mais ce tourisme reste majoritairement saisonnier. Hors curistes, la fréquentation s’effondre l’hiver. Depuis quelques années, on note aussi une montée en puissance de l’écotourisme et des activités de pleine nature, avec le Géoparc reconnu UNESCO qui draine une clientèle à la recherche de randonnées, VTT, parapente ou canoë (Géoparc de Haute-Provence).
- Plus de 1 touriste sur 3 vient hors pleine saison.
- Le thermalisme représente 35% des nuitées touristiques annuelles (source : Office du tourisme Provence Alpes Agglomération, 2023).
- Le nombre de chambres d’hôtes, gîtes et hébergements insolites est en hausse constante (650 structures recensées sur l’agglo PAA).
Un tissu artisanal, mais des industries fragiles
L’artisanat reste un moteur local : maçons, menuisiers, savonniers, céramistes, apiculteurs et producteurs de fromages font vivre les marchés. Mais, hors artisanat, l’industrie a souffert. La fermeture des anciennes usines de céramique et la réduction de la centrale hydroélectrique de Château-Arnoux ont marqué les mémoires. Toutefois, on observe l’implantation de petites entreprises innovantes, comme Serre-Ponçon Microtech ou des startups en lien avec l’énergie verte ou le numérique (source : Pôle emploi 04, 2023).