Le patrimoine entre mémoire et réinvention
Les chapelles romanes et les ruelles pavées font partie du décor, mais elles vivent une seconde jeunesse. Plusieurs villages investissent dans la rénovation, souvent participative : ici, un chantier d’insertion pour restaurer une fontaine ; là, une fête de la Saint-Jean qui n’avait pas rassemblé autant de monde depuis 40 ans.
- À Entrages, la rénovation de la vieille école a été portée par les habitants : chaque famille du village y a mis la main, ou la truelle.
- La Route Napoléon, si souvent traversée sans s’arrêter, voit renaître quelques relais et auberges historiques, réhabilités pour accueillir randonneurs et cyclistes.
Marion aime rappeler que “ce qui nous surprend, c’est de voir des jeunes de 20 ans s’emparer de fêtes de village qui semblaient endormies. Aujourd’hui, la soupe au pistou du 15 août fait le plein !”
Une nature toujours influente – et plus fragile aussi
Le Pays dignois, c’est aussi la proximité de panoramas remarquables : les Clues de Barles, la Réserve géologique, ou encore la forêt de Chène (la plus grande cédraie naturelle d’Europe). Ces paysages impressionnent autant qu’ils inquiètent : le changement climatique n’est pas qu’une idée lointaine ici.
- En 2022, la plus longue sécheresse depuis 30 ans a marqué les esprits – et les jardins !
- L’accès à l’eau devient un vrai débat local, avec l’installation de systèmes de récupération d’eau de pluie dans les fermes et plusieurs communes qui expérimentent la fermeture estivale des lavoirs monumentaux.
- L’observatoire local du climat (association GESPER) a relevé une hausse moyenne des températures de 1,6°C en 30 ans sur le bassin dignois.
Dans ce contexte, bon nombre d’habitants se mobilisent pour des initiatives “vertes” : haies champêtres plantées, vergers collectifs, événements “zéro déchet” initiés par les jeunes générations. D’autres cherchent à renouer avec les chemins anciens, comme à Archail où des sentiers jadis perdus sont à nouveau entretenus.