Des savoir-faire qui parlent d’ici : focus sur trois ateliers phares du centre ville
Le Santon de Digne : une tradition revisitée
Difficile de parler de Digne sans aborder les santons. Depuis la fin XIXe, des ateliers animent la rue de l’Hubac et la Place du Général de Gaulle. L’atelier « Santons Camatte », le plus ancien en activité depuis 1936, n’a jamais quitté les ruelles du centre.
- Fabrication à la main, chaque santon nécessite en moyenne 7 étapes (moulage, séchage, ébarbage, cuisson, peinture…)
- Plus de 60 personnages « dignois » sont proposés : le berger de Tartonne, la laitière de Marcoux, l’apothicaire dignois…
- Chaque année, près de 3500 santons sortent de l’atelier, dont 75% sont vendus localement (Santons Camatte)
L’atelier, ouvert aux visiteurs pendant les vacances, organise aussi des démonstrations. Pour les enfants du pays, s’initier à la fabrication d’un santon dignois reste un passage qu’on n’oublie pas.
Artisans du cuir : entre tradition et revival urbain
Sur la Place du Tampinet, un atelier sent encore la laine chaude et le cuir tanné. Patrick, sellier-bourrelier, évoque un métier qui a failli disparaître. Mais aujourd’hui, le cuir local connaît un regain d’intérêt avec des créateurs qui revisitent sacs, ceintures et petite maroquinerie.
- Utilisation privilégiée de peaux issues des troupeaux des Préalpes et du pays dignois
- Techniques de tannage au chêne, transmis de père en fils
- Propose aussi réparation de selles anciennes (les bergeries dignoises sont encore nombreuses à en profiter)
« C’est le détail qui fait la différence : la couture à la main, les boucles en laiton, le cuir qui garde encore un peu la senteur de garrigue », nous confie-t-il.
Savonneries et senteurs dignoises : l’art de la propreté locale
Le savon dignois, c’est quasiment une marque déposée. Au XIXe siècle, on comptait 4 savonneries dans la ville ; aujourd’hui, deux subsistent, dont la plus connue, La Savonnerie de Haute-Provence, à deux pas de la cathédrale Saint-Jérôme.
- Savon à base d’huile d’olive, souvent enrichi en lavande, thym, romarin
- Technique de saponification à froid privilégiée, plus écologique et respectueuse des ingrédients
- Production annuelle estimée à 12 tonnes, dont une part croissante exportée (Source : Savonnerie Haute-Provence)
Si vous passez en matinée, l’odeur de lavandin flotte jusqu’au marché. La boutique propose souvent un petit atelier-découverte sur réservation.